Tout le monde se mit à rire. Mme de Morville et ses enfants ne purent toutefois s'empêcher de dire combien ils étaient joyeux et reconnaissants; puis les leçons commencèrent.

Elles se passèrent, bien entendu, à merveille: aussitôt finies, Élisabeth et Armand emmenèrent triomphalement leurs amis pour faire leur promenade accoutumée.

Arrivés aux Tuileries, ils retrouvèrent les petits de Marsy et leur firent part du consentement de Mme de Morville: Irène et Julien les remercièrent avec effusion de ce qu'ils faisaient pour eux.

Après avoir joué longtemps, les petits de Marsy allèrent dire à Noémi de Valmier, et à Lionnette dont les parents étaient connus de Mme de Marsy, que leur mère recevrait le jeudi suivant et serait charmée de les voir venir: Armand s'amusa à piquer leur curiosité en leur déclarant que deux grands artistes honoreraient la soirée de leur présence: chacun se sépara en riant et en se donnant rendez-vous pour le jeudi.

CHAPITRE XX.

LES DEUX ARTISTES.

M. de Morville fut aussi charmé que sa femme de la perspective d'une soirée chez Mme de Marsy; une seule chose l'inquiétait: lui et sa femme avaient des vêtements simples mais convenables pour la soirée, tandis que les enfants n'avaient que leurs habits du matin, Mme de Morville s'étant défait des vêtements d'Irène et de Julien, qui ne convenaient plus à leur modeste position. M. et Mme de Morville étaient donc fort tourmentés à ce sujet sans oser se l'avouer, lorsque la bonne des petits de Kermadio arriva, portant un grand carton qu'elle remit à Irène; puis, elle partit à la hâte.

Irène porta le paquet à sa mère qui l'ouvrit, et poussa un cri en voyant une toilette simple et charmante pour Irène, avec un costume aussi simple et aussi charmant pour Julien. Un petit billet attaché à la robe contenait ces quelques mots: