Débarrassés de cette vilaine petite société, les enfants jouèrent de bon coeur: ils se séparèrent enfin, en se disant à revoir pour les jours suivants.

On était alors au printemps: le soleil brillait dans tout son éclat; aussi la réunion était-elle complète chaque jour aux Tuileries; mais, au grand regret des enfants raisonnables, la présence d'Héliogabale, celle d'Héloïse, avaient détruit chez les élégants les bons effets produits par les sages conseils et le bon exemple des enfants raisonnables; les toilettes étaient redevenues extravagantes; à la bourse de timbres se joignaient des paris de toute sorte: Héloïse et son cousin triomphaient orgueilleusement de leur mauvaise influence qui s'accroissait chaque jour de plus en plus.

Un dimanche, les élégants étaient réunis comme d'habitude, se pavanant, paradant les uns devant les autres, lorsque arrivèrent deux enfants, une petite fille et un petit garçon, habillés si richement qu'Héloïse et Héliogabale eux-mêmes poussèrent un cri de surprise et d'admiration: ce n'était que soie rose, dentelles, broderies, or et bijoux.

HÉLOÏSE, gracieusement.

Voulez-vous venir zouer avec nous, mademoiselle et monsieur?

LA PETITE FILLE, avec hauteur.

Je veux savoir avant qui vous êtes.

HÉLOÏSE, bas.

Quelle dignité! c'est une personne très-distinguée! (Haut.) C'est trop zuste! Ze suis la fille de la marquise de Ramor.

LA PETITE FILLE, riant.