La paix étant faite, les jeunes gens dînèrent gaîment et organisèrent le départ.
Ils allèrent donc gagner le chemin de fer, qui était à quelques lieues et ils y montèrent joyeusement, débarrassés, à ce que croyait Saindoux, de ces hideuses chenilles dont il ne pouvait se rappeler sans un frisson.
Mais sa joie ne fut pas de longue durée. Au bout d'un quart d'heure de marche, le train se ralentit, puis s'arrêta tout à coup...
Les voyageurs se regardèrent, étonnés.
—Qu'est-ce qui nous arrive? demanda Polyphème.
—Nous sommes probablement à la station, observa Philéas. Quelle drôle de station! ajouta-t-il; on ne voit pas de gare...
—Ce n'est pas cela, Messieurs, dit poliment un jeune Russe qui se trouvait dans le même compartiment que les Français. Il y a un arrêt forcé, car j'entends les employés s'exclamer comme s'il était arrivé quelque chose d'étrange. Je vais m'informer.
Le jeune homme se pencha, fit quelques questions et reçut une réponse qui lui fit ouvrir de grands yeux; il se retourna alors vers ses compagnons intrigués et leur dit:
—Messieurs, notre train est arrêté par les chenilles.
—Par?... demanda Polyphème abasourdi.