FRANÇOISE, lui prenant la tête dans ses mains.—Tiens! regarde, gros bêtat, au lieu de te moquer de moi.
Paul allait se fâcher du geste et des paroles de sa soeur quand la vue d'une voiture et de celui qui la conduisait lui fit pousser un cri de surprise.
PAUL.—Philéas! c'est Philéas! Bonjour, Philéas!
PHILÉAS, descendant de voiture.—Bonjour, Monsieur Paul; bonjour, Monsieur le Vicomte; bonjour, Madame!
Et il saluait à droite et à gauche, tout en continuant ses bonjours à chacun.
Petits et grands firent à Saindoux l'accueil le plus amical, malgré leur étonnement de cette visite subite. On offrit à Saindoux des rafraîchissements qu'il accepta et l'on s'installa au bosquet pour que Philéas pût y bavarder à son aise.
PHILÉAS.—Vous devez être surpris, Messieurs et Dames, de mon arrivée étonnante pour ne pas dire inattendue. Je suis rappelé au pays, ces jours-ci, afin d'installer quelqu'un à Castel-Saindoux pour s'occuper de mon établissement pendant mon absence. Je viens d'arrêter une femme d'affaires.
Tout le monde se regarda avec stupéfaction, croyant avoir mal entendu. M. de Marsy, revenu le premier de sa surprise, s'écria:
—Un homme d'affaires, voulez-vous dire, Philéas?
PHILÉAS, avec aplomb.—Non, non, Monsieur le Vicomte; j'ai bien dit et je répète, «une femme d'affaires». C'est moins cher qu'un homme, aussi regardant et plus profitant, par conséquent.