Le lendemain, Philéas, en sortant de sa chambre, trébucha sur un corps noir étendu en travers de sa porte. Il examina ce que c'était, secoua le dormeur et reconnut Sagababa.
—Oui, c'est pauvre négrillon, maître à moi, dit Sagababa en se frottant les yeux; moi attendais tes ordres.
—Joliment! observa Philéas avec humeur; tu te fourres comme un paquet sur mon seuil pour me faire dégringoler; c'est bête comme tout, ça!
SAGABABA.—Mais, maître à moi...
PHILÉAS, impatienté.—Il n'y a pas de «maître à moi» qui tienne; va te promener et laisse-moi tranquille! Je n'ai besoin de personne à mon service; je ne veux décidément pas de domestique, entends-tu?
SAGABABA, se rebiffant.—Moi, pas domestique! moi, esclave de maître à moi.
PHILÉAS, agacé.—Prelotte! qu'il est entêté! Ah! voilà Polyphème. Cher ami, aidez-moi donc à me débarrasser de ce négrillon; il m'a accompagné hier, par hasard, dans mon expédition et voilà qu'il ne veut plus me quitter.
POLYPHÈME, gravement.—Ça ne m'étonne pas, Saindoux; vous fascinez, en homme supérieur que vous êtes...
PHILÉAS.—Tueur...
POLYPHÈME.—Vous attirez...