—Moi avoir raison; maître à moi, voir ça enfin! s'écria-t-il. C'être graine de lin de ce matin!

PHILÉAS, abasourdi.—Ça, c'est le cataplasme de ce matin?

SAGABABA, avec joie.—Oui, maître à moi.

PHILÉAS, suffoqué.—Ce que tu as mis sur ma jambe?...

SAGABABA, de même.—Oui, maître à moi; pas farine de moutarde, hein?

La parole expirait sur les lèvres de Philéas... Il se tourna machinalement vers Polyphème. Ce dernier qui, heureusement pour lui, n'avait pas encore dégusté la fameuse graine de lin, riait aux larmes et du dialogue et de la figure des interlocuteurs.

Enfin Philéas, recouvrant ses esprits, empoigna la graine de lin et la lança à la tête de Sagababa en criant de toutes ses forces:

—Sale polisson!

Le petit nègre, la figure inondée de cette pâte gluante, disparut en un clin d'oeil et courut se réfugier dans la cuisine.

Mais le dîner était fini pour Philéas, écoeuré par ce que venait de lui faire avaler Sagababa.