«Donc, pèlerin, arrête; oublie tes soucis:
Tous les soucis de la terre sont faux;
L’homme n’a besoin que de peu ici-bas,
Et il n’en a besoin que peu de temps.»
Doucement, comme la rosée descend du ciel,
Tombaient ses tranquilles accents.
L’étranger modeste s’incline bas
Et le suit dans la cellule.
Au loin, dans l’étendue obscure et désolée,
Se trouvait la demeure solitaire,
Refuge pour le pauvre du voisinage
Et pour l’étranger égaré.
Nulles richesses sous son humble chaume
N’exigeaient la garde d’un maître.
La petite porte s’ouvrant au loquet
Reçut le couple inoffensif.
Et, alors que les foules affairées se retirent
Pour prendre leur repos du soir,
L’Ermite attisait son petit feu
Et fêtait son hôte pensif.
Il étalait ses provisions rustiques,
Le pressait gaiement et souriait;
Et, versé dans la connaissance des légendes,
Il trompait les heures tardives.
Autour de lui, dans une gaieté sympathique,
Le petit chat essayait ses tours,
Le grillon gazouillait dans l’âtre,
Le fagot pétillant se répandait en flammes.
Mais rien ne versait un charme assez puissant
Pour calmer la douleur de l’étranger,
Car la peine était lourde en son cœur,
Et ses larmes se mirent à couler.