FANTAISIE SUR L’AVENTURE

FANTAISIE SUR L’AVENTURE

Pour l’aventure, il faut être deux. Il faut pour qu’il « arrive » quelque chose, celle d’abord par qui la chose arrivera. Hyménée donc ! Gloire à la volupté parmi les « cas » de l’exotisme ? Voici que par-dessus les Cloches de Corneville, badine l’officier de marine, en veine de souvenir ; le voici qui, suivant l’expression classique, « raconte ses campagnes », il dirait presque, le gaillard, ses compagnes :

Dans mes voyages. . . . . . .

. . . . . . . . . . . .

Au sein des fêtes — que de conquêtes

Alsacienne — Circassienne. . .

Ah ! que c’est gaulois ! Ah ! que c’est français ? La naïveté du musicien s’ébat délicieusement dans la définition donnée du Français par ses voisins, « un homme qui ne sait pas un mot de géographie ». Et vous de pâmer, mères et grandes sœurs, à l’évocation de ces baisers si lointains qu’ils en deviennent charmants, si nombreux qu’ils en demeurent chastes, baisers prodigués, sans doute, suivant la loi de Planquette, par des gretchens à des amiraux suisses, ou par des filles du « Pont des Caravanes », à des maquignons persans. Les matelots certes sont rigolos, mais les petits bateaux qui vont sur l’eau jamais n’arriveront au pays des « Alsaciennes ou Circassiennes ».