De ce qu'il nous y a jusques à cette heure conservé avec l'abondance de tant de biens temporels & spirituels, principalement du très-Saint Sacrement, & préservées de tant de pechés.

2. Puis après descendant aux bienfaits corporels du jour présent. Nous le remercierons de ce qu'il nous a conservé la vie & la santé: comme aussi des infirmités quand il nous en sera survenuës, le tout étant pour nôtre bien, nous le remercierons encore du lit, de l'habitation; du vêtement, de la refection corporelle, du service qui nous est rendu, & des commodités qui ont manqué à tant d'autres.

Quant aux bienfaits spirituels du même jour. Nous le remercierons de ce qu'il nous a donné sa grace, & de ce qu'il nous y a conservé: de ce qu'il nous a préservé de beaucoup de tentations, & de pechés dans lesquels nous pouvions tomber: nous le remercierons encore des Oraisons, des Méditations, de la Messe, des Sacremens, de la parole de Dieu, des lumieres, des inspirations, & autres choses semblables, selon qu'elles seront arrivées.

Et encore des peines, des travaux, & des afflictions spirituelles qu'il a permis qui nous soient arrivées pour nôtre plus grand profit, exercice & humiliation. Enfin des biens qu'il nous eût fait, si nous eussions été disposées.

2. Avec une grande soumission & confiance en Dieu, nous lui demanderons la lumiere pour connoître nos fautes, & la grace de nous en repentir, & de nous corriger.

3. En commençant depuis le dernier examen, parcourant d'heure en heure, d'exercices à autres; tant les spirituels, que les temporels, & considerant les personnes avec lesquelles nous avons traité; nous examinerons comme nous nous sommes comportées envers Dieu, avec nôtre prochain & avec nous-même, sur nos vœux, sur nos regles, dans nos propres offices, à la garde de nos sens, & de nos puissances; si en quelque chose nous avons offensé Notre-Seigneur, ou par pensées, ou par quelques affections déreglées, ou par les paroles, ou par les œuvres, ou par les omissions; faisant singulierement attention sur le défaut auquel nous sommes plus sujettes, afin d'en faire l'examen plus particulierement.

Premierement, quant aux pensées; si quelques pensées impures nous ont passées par l'esprit, ou d'autres de dédain, d'aversion, de jugement téméraire, de superbe, de propre estime, de présomption, d'ambition, de vaine gloire, d'envie, de gourmandise, de paresse & autres semblables, & comme nous nous y sommes comportées, si nous les avons rejettées promptement, ou avec quelque négligence, ou bien si nous y avons donné quelque consentement exprès ou tacite.

2. Quant aux affections; quelles affections nous avons envers Dieu, d'amour, de confiance, de respect, de crainte, de joye, &c. D'humilité envers nous, de mépris de nous-même. De bienveillance & de compassion envers le prochain; ou bien le contraire, si nous avons ressenti quelque affection déreglées envers quelque creature, ou envers quelque chose de ce monde.

3. Quant aux paroles; si nous avons dit des paroles inutiles, picquantes, dédaigneuses, inconsidérées, de mocquerie messeantes, de murmure, & d'autres semblables.

4. Quant aux œuvres; comme nous nous sommes comportées dans nos offices, & dans nos actions journalieres, si nous y avons eu une droite intention, & si nous nous en sommes bien acquitées. Si nous avons été modestes & édifiantes dans la conversation. Si nous avons mortifiées nos sens, examinant ces articles.