De même celle qui aura fait vœu de n'être point vûë, ne doit pas trouver mauvais si les autres usent de la permission qui leur a été accordée par la Religion; au contraire, elle doit penser qu'elles ne le font pas pour leur contentement particulier, mais pour celui de leurs parens, & aussi pour la gloire de Dieu, & l'emplification du Monastere, afin de tenir par ce moyen l'entrée ouverte aux filles, lesquelles ayant vocation à ce Monastere, en seroient empêchées par leurs peres, ou autres parens, s'ils n'avoient esperance de les voir quelquefois.
Et afin que par succession de tems la clôture de ce Monastére ne vienne jamais à être relâchée, de ce qui est établi par ces Constitutions, il est ordonné que chaque Religieuse immédiatement & ensuite de sa profession, sera obligée de faire le vœu qui suit en presence de Monseigneur l'Illustrissime Archevêque, ou de son Vicaire, de la Mere Prieure, & des autres Religieuses.
Je Sœur N. Religieuse de ce Monastére de l'Annonciade, promets & fait vœu à Dieu Tout-Puissant, & à la glorieuse Vierge Marie sa très-sainte Mere ma Protectrice, en presence de toute la Cour Céleste, & de vous Monseigneur l'Illustrissime Archevêque, notre Supérieur, ou de vous Monsieur son Vicaire, & de vous ma Reverende Mere Prieure, & de vous toutes mes sœurs, de ne jamais donner ma voix, ni procurer par moi, ou par le moyen d'autres, qu'en ce Monastére soit relâchée la clôture des grilles, avec la plaque de fer troüée, & la toile noire tenduë au devant, & de ne parler à grille ouverte avec mes parens, sçavoir, pere, mere, freres & sœurs, plus de trois jours l'année, & jamais à autres personnes, excepté aux actes publics, qu'il conviendra passer en presence de Notaires & Témoins, & aux autres cas permis par nos Constitutions pour le regard de parler à grille ouverte, & aux jours qu'il sera nécessaire de se laisser voir de nos Supérieurs seulement, en tout & par-tout, suivant l'ordonnance & disposition de nos Regles & Constitutions, ainsi je le confirme par cet écrit de ma propre main, lequel je vous consigne ma R. Mere Prieure.
Pour la même raison, il est ordonné; que la Prieure incontinent après son élection, jurera en presence du même Supérieur de conserver la clôture, disant ces paroles.
Je Sœur N. Prieure de ce Monastére de l'Annonciade, promets & jure, in pectore, à la façon des Religieuses, de ne permettre, ni jamais consentir en aucune maniere, à l'ouverture des grilles, plus que des dix jours destinés trois fois l'année, ausquels il est permis à chaque Religieuse en l'un de ces jours, de voir ses parens, & aux autres cas déclarés dans nos Constitutions.
Et quand une Religieuse immédiatement, ou quelque tems après sa Profession, voudra faire vœu de ne se laisser jamais voir de ses parens, elle le pourra faire ainsi.
Je Sœur N. Religieuse de ce Monastére, promets à Dieu Tout-Puissant, & à la glorieuse Vierge Marie sa très sainte Mere ma Protectrice, en presence de toute la Cour Céleste, & de vous Monseigneur l'Illustrissime Archevêque de N. notre Supérieur, ou de vous Mr son Vicaire, & de vous ma Reverende Mere Prieure, & de vous toutes mes Sœurs, de ne jamais donner ma voix, ni procurer par moi, ou par le moyen d'autres, qu'en ce Monastére soit relâchée la clôture des grilles, avec la plaque de fer troüée, & la toile noire tenduë au devant, & de ne parler à grille ouverte avec mes parens, ni me servir de la permission des trois jours l'année, donnés par nos Régles & Constitutions, à laquelle je renonce par ce present acte, me réservant cependant de parler à grille ouverte, aux autres cas permis par nos Constitutions, ainsi je le confirme par cet écrit de ma propre main, lequel je vous consigne ma Reverende Mere Prieure.
Des Portieres.
Chapitre VIII.
L'Office de Portieres sera donnée à deux des plus anciennes, élûës par la Mere Prieure & ses Conseilleres, la porte ne sera jamais ouverte, si ce n'est pour quelque occasion urgente & nécessaire, & il n'y sera reçu aucune chose, excepté celles qui ne pourront entrer par le tour, & lorsque la nécessité obligera de faire entrer dans la clôture, des chevaux, des mulets, & d'autres bêtes semblables, on prendra garde de faire ensorte qu'elles ne soient point exposées à la vûë des Religieuses que le moins qu'il sera possible, les introduisant toujours dans le Monastére de la meilleure façon, & la plus séante que l'on pourra.