L'espace depuis le commencement du dîner, jusqu'à la réfection du soir, sera pour le moins de 8. heures (quand le tems le permettra) & quelque chose de plus aux jours de jeûne & d'abstinence.
Tous les jours après le dîner nous aurons une demie heure de récréation toutes ensemble, en Eté la récréation étant finie, nous aurons une heure de repos dans nos chambres; & l'Hiver quand on dit None le matin, nous aurons une demie heure de retraite dans la chambre, ou l'heure entiere s'il y a assez de tems devant les Vêpres, il sera cependant au pouvoir de la Supérieure d'accommoder ces heures, ou plus, ou moins, comme elle jugera convenir.
Le tems destiné pour dormir sera de 7. heures (si en Esté il y en peut avoir tant) & pour l'ordre de se lever, il sera traité ci-après au [premier Chapitre] de la seconde partie.
Et quoique chacune des Sœurs doive être prompte à exercer quelque office que ce soit qui lui sera imposé, pourtant l'on prendra garde de leur donner des offices conformes à leurs forces, ayant en cela un grand soin des infirmes, comme il sera dit aux avis qui concernent l'infirmiere.
Pour le regard des particulieres, chacune sera soigneuse de se garantir de tout désordre, & quoique le trop grand soin de conserver sa santé soit blâmable: cependant un soin moderé de conserver ses forces pour le Service de Dieu est convenable; c'est pourquoi quand une Sœur sentira quelque nouvel effet en elle, causé de la maniere de vivre, ou d'autre chose, après avoir fait sa priere à Dieu, elle en avertira la Supérieure, demeurant dans l'indifference de ce qu'elle en ordonnera, après en avoir été informée.
Aucune ne fera des pénitences corporelles, autres que celles que l'institut ordonne, sans permission des Supérieurs. Que si quelqu'une de celles qui sont imposées lui étoit nuisible, elle en avertira la Supérieure, afin que par son autorité elle l'en dispense, ou la lui change selon son besoin.
Quand quelque Religieuse aura quelque mal extraordinaire, particulierement de fiévre, elle en avertira la Supérieure, ou bien l'infirmiere.
Et elle demeurera durant son infirmité sous l'obéissance du Médecin, & de celles qui auront soin d'elle, s'étudiant de donner édification à toutes, par sa patience & sa résignation à la volonté de Dieu.
Du Silence.
Chapitre XV.