Enfin, il soupira:

—Vous possédez à un degré très louable le respect du bien des autres... Que ce sentiment ne s'étend-il jusqu'au bonheur de votre mari!...

—Vous?... mon mari?... Ah! c'est vrai!

Et Pauline regarda le baron d'un air de telle hauteur et de tel mépris qu'il en frissonna, lui que rien n'effrayait trop sur la terre.

Dans ce coup d'œil, elle remarqua qu'il n'avait plus de barbe et que cette métamorphose mettait au jour la brutalité de ses traits. C'était un autre homme et comme la mise à nu de l'homme intérieur.

—Vous êtes changé, dit-elle involontairement.

—Mais prêt à recouvrer mes avantages, s'ils doivent me faire recouvrer votre sympathie. La barbe pousse vite. Seulement c'était un soin de plus et cela m'ennuyait. Cependant, je vous le répète, pour vous plaire...

—N'y songez plus, répliqua simplement Pauline.

—Voyons, dit tout à coup le baron, combien de temps cette triste plaisanterie durera-t-elle? Croyez-vous que je vous aie épousée avec la perspective d'être traité par vous comme un chenapan?

—Veuillez me dire, monsieur, qui de nous deux a trompé l'autre?