L'exquise délicatesse de cette réponse charma Jacques, qui remercia sa femme d'un long regard et qui toisa ensuite Pottemain d'un coup d'œil froid et altier.

—Ce que vous cherchiez n'est pas ici! lui dit-il en s'efforçant de sourire.

—Vous entendez: le mot de l'énigme, n'est-ce pas?

—Oui, j'entends cela! répliqua M. de Guermanton. Soyez heureux avec votre charmante femme. Restez, vous ferez bien. Voyagez, vous ferez encore mieux. Mais nous n'interviendrons jamais, par respect pour Pauline, pour vous, pour nous-mêmes.

—C'est ce que je craignais! dit le Normand. Vous auriez pu me bien aider! Mais... je conçois certains scrupules, la prudence... Ah! si je savais que Pauline ne fût pas heureuse... Car je ne l'ai épousée que pour être la source du bonheur de quelqu'un!...

Il s'attendrit et, comme dans le cimetière, en prononçant l'oraison funèbre de feu Pastouret, il cacha son visage dans un mouchoir.

Cet attendrissement toucha Jeanne et laissa Jacques impassible.

La visite ne pouvait se terminer que par une invitation à l'adresse de Pauline et de son mari, invitation d'autant plus urgente, que le départ du baron pouvait être plus proche.

M. de Guermanton la fit d'une manière trop succincte pour ne pas laisser à Pottemain toute latitude de refuser.

Il refusa en effet et, se contentant d'annoncer une visite d'adieux que peut-être il ne voulait pas faire, il se retira bien assuré que le cercle était fermé de nouveau autour de Bois-Peillot et que, de dépit d'une allusion faite par le baron à quelque secrète sympathie pour Pauline, M. de Guermanton ne remettrait pas les pieds au château.