—Oui, décidément Bertrand Cassecou n'est vraisemblablement pas l'auteur du méfait.
—Non, mais il faut néanmoins laisser s'instruire l'affaire afin d'avoir une certitude au lieu d'un soupçon.
—Quel soupçon?
—Le soupçon de l'innocence de Bertrand et de la culpabilité d'un autre.
—Quel autre?
—Le feu a été mis aux bruyères, n'est-ce pas? De là, il s'est communiqué à l'aire de la grange où il y avait de la paille. De la paille, l'incendie a gagné le blé en gerbes qui était à l'étage au-dessus.
—J'entends... Alors?
—Alors, il ne s'agit plus que de savoir qui a mis le feu aux bruyères. Marsay, consulté, dit: «Il a bien pu prendre tout seul...» C'est aussi l'avis de Jeannolin, ajouta le Normand avec un rire sardonique, de Jeannolin qui était bien placé pour voir, puisque, ainsi qu'il vient de nous l'avouer, il gardait les bêtes en compagnie de Bertrand. Jeannolin, votre protégé, a opiné, vous aussi du reste et dans le même sens... Il n'y a plus guère pour moi d'hésitation possible...
—Que voulez-vous dire? Que c'est le contraire qui est vrai? demanda Pauline d'un ton altier.