Elle avait beau chercher dans sa tête par quel moyen elle pouvait échapper à cette alternative qui la torturait... à l'existence affreuse qui la menaçait, si elle avait le malheur de céder... elle ne trouvait aucune solution pratique.
Sa seule ressource était la dénonciation posthume de Pastouret, la preuve de l'infamie de Pottemain, mais elle devait réserver cette arme pour un cas désespéré, alors qu'elle ne pourrait plus compter sur aucune défense.
Elle ouvrit un coffret, s'assura que la lettre vengeresse était toujours là...
Puis une pensée traversa son cerveau. Pottemain pouvait, par une indiscrétion, apprendre l'existence de cette pièce.
Il importait qu'elle ne pût tomber entre ses mains... Où cacher ce papier d'où dépendait peut-être sa vie?
Elle s'arma d'une paire de ciseaux, et renferma le témoignage de Pastouret dans la doublure de sa robe qu'elle recousut aussitôt avec soin.
Puis elle se plongea de nouveau dans ses réflexions.
Toujours nulle issue à cette condition effroyable. Elle était bien décidément dans la main de son bourreau.
Et cet être qui lui dictait la loi, armé qu'il était de la loi elle-même, cet être était un assassin déguisé en honnête homme, en soutien de l'ordre social!
Il donnait à dîner à la magistrature et il jouissait de la considération générale!