Elle ouvrit la fenêtre toute grande.

—Un pas de plus et je me tue! dit-elle d'une voix étranglée.

—Eh bien, tuez-vous! dit Pottemain exaspéré, en croisant ses mains derrière son dos. Que m'importe!

En même temps, il fit un pas en avant.

—Vous marchez, dit Pauline, mais prenez garde! votre châtiment marche du même pas et peut-être plus vite...

—Ah! ma chère amie! dit le baron, j'ai assez de vos rébus et de vos caprices absurdes. Je vous ai épousée sans fortune, parce que je vous aimais; je n'ai rien négligé pour vous rendre la vie douce et heureuse; vous ne m'en avez récompensé qu'en affectant pour moi un mépris et une haine incompréhensibles, en m'accusant de crimes aussi ridicules qu'imaginaires... J'en ai assez et il faut en finir!... Si vous êtes réellement folle... on vous enfermera et tout sera dit... Je veux... j'exige des explications, ou bien...

Et son bras s'éleva lentement... Sa face décomposée avait un aspect horrible...

Pauline rassembla ses forces et, appuyée sur le rebord de la fenêtre:

—Vous êtes un assassin! fit-elle, entendez-vous, un assassin... Je le sais... Je ne veux être ni votre victime, ni votre complice...

—Allez-vous continuer à m'outrager de la sorte! hurla le baron, hors de lui.