Seulement,—chose étrange pour une femme sortant du lit conjugal,—Pauline avait été trouvée au-dessous de sa fenêtre, à elle, en habit de nuit, il est vrai, mais avec son corset, des bas et des bottines, tandis que, à en juger par le désordre de Pottemain, celui-ci était couché et il dormait peut-être quand il fut attiré par le bruit d'une fenêtre que l'on ouvre ou par la chute de sa femme.

—Il y a progrès, pensa la maritorne, puisqu'ils ont fait chambre à part... Néanmoins il a dû y avoir dispute... A moins que la petite dame ne soit somnambule! Ça s'est vu, des malheurs comme ça, dans les familles!... Ça ne fait rien... C'est bien fait et ça lui apprendra, au patron... à aller chercher des demoiselles de l'Inde pour faire des traits à Victorine!... Il en reviendra... Ça commence bien!

A l'arrivée du médecin, Pauline était installée dans son propre lit. Elle paraissait souffrir beaucoup.

Mais cela ne se voyait qu'aux battements de sa poitrine et à ses sourcils froncés, car elle n'articulait pas une plainte.

Le baron l'appelait des noms les plus doux. Il se mettait en quatre pour la soulager et pour lui plaire.

Elle y répondait par des paroles douces, résignées, n'exprimant aucune rancune, n'accusant personne.

Était-ce prudence? Était-ce générosité? Elle n'avoua ni une discussion, ni un accès de folie devant ses gens, mais elle prononça elle-même le mot de somnambule.

Son pied gauche était réellement démis. Il gonflait à vue d'œil. Ce fut beaucoup pour la science de Marsay que de le lui remettre.

Pauline parut très affectée de la visite de ce pédant imbécile qu'elle considérait en secret comme le complice du baron.

Dès que la douloureuse opération fut terminée, elle demanda à boire à Jeannolin, de préférence à tout autre, et lui désigna un verre et une carafe qui se trouvaient sur sa propre cheminée, mais elle refusa les autres breuvages.