Jacques de Guermanton et sa femme, accompagnés de leurs enfants, accoururent dès le lendemain, quand ils surent que Pauline était blessée.

A leur aspect, elle fondit en larmes. Le baron ne perdit de vue ni Jacques, ni Pauline. Jeanne lui sembla en faire autant de son côté.

Les enfants étaient consternés. Le visage de leur bonne amie les avait frappés tout d'abord et ils n'avaient pas été seuls à remarquer sa pâleur, car Jacques avait, en parlant à la baronne, des larmes dans la voix, tout ancien officier de cavalerie qu'il était.

Quant au baron, dans quelques a-parte, il reprit et accrédita de son mieux la question d'aliénation légère, mais croissante.

Les visiteurs se retirèrent très attristés, mais pensant qu'il y avait de la faute de Pauline, si elle n'était pas heureuse.

Jeanne, sans oser le dire, la trouvait presque ridicule, quoiqu'elle la plaignît de son accident:

—C'est pensait-elle, une fille d'une exaltation, d'un romanesque insupportables!

En attendant, Pauline était condamnée à garder le lit.

Il en résulta entre les deux époux une sorte de trêve et d'accalmie.

L'état de la blessée, du reste, la mettait à l'abri de toute nouvelle entreprise de la part de Pottemain.