Le gentilhomme avait parfaitement compris, dans les deux ou trois visites qu'il avait faites devant témoins avec sa femme, à la baronne alitée, que celle-ci souffrait d'autre chose que d'une entorse et qu'elle avait une plaie au cœur depuis le jour de son mariage.

Mais la question avait été posée devant Jacques, au sujet de Pauline, dans de tels termes, par Jeanne et par le baron, et Pauline, paraissait-il, avait aggravé elle-même le soupçon par de telles imprudences, qu'il n'était plus possible à Jacques de s'occuper d'elle, ni ouvertement, ni en secret.

La raideur militaire de ses principes lui avait dicté de se conduire à l'égard de son ancienne institutrice, précisément comme si elle était morte.

Mais ce n'était pas à dire pour cela qu'il ne souffrît point de ce qu'elle semblait souffrir? Bien au contraire!

Pauline elle-même reconnaissait la nécessité de cet apparent abandon et le lui pardonnait volontiers.

Mais ce quelle ne lui pardonnait pas plus qu'à Jeanne, c'était de l'avoir précipitée dans l'horrible vie qu'elle menait à cette heure, par une folle confiance dans la réputation usurpée de Pottemain et par l'éblouissement que leur avait causé la fortune du baron.

VII

Quinze jours environ après le passage du capucin parut à Bois-Peillot un visiteur inattendu.

M. de Charaintru, que la saison des chasses avait ramené à Guermanton, débarqua un beau matin au château, sans se faire annoncer.

Tout d'abord le nouveau venu, qu'avait poussé là le désœuvrement et la curiosité, trouva que le manoir présentait un assez triste tableau.