—Ah! Jeannolin! C'est vrai! fit l'artiste en tendant la main à l'enfant.
Puis se retournant vers Pauline:
—Oui, madame, le tailleur de pierres, l'auteur de cette statue que nul ne visiterait peut-être... si vous ne veniez point ici quelquefois...
—Monsieur Romagny? dit la jeune femme.
—Lui-même qui vous demande humblement pardon, madame, d'avoir été indiscret en pénétrant dans ce parc, sans la permission de ses propriétaires et en vous abordant sans vous avoir été présenté... Agréez donc mes excuses... C'est la faute de mon ami Charaintru avec qui j'avais rendez-vous à la grille de Bois-Peillot et qui s'est attardé en battant, le fusil à la main, les champs d'alentour.
—Vous n'êtes nullement indiscret, monsieur, repartit Pauline et je le serai en tout cas plus que vous en vous adressant une question. Nous avons beaucoup parlé de vous, mon mari et moi, ces temps derniers, avec M. le vicomte de Charaintru à qui je disais que je désirais beaucoup avoir un buste de votre main. Est-ce à un hasard que je dois de vous rencontrer dans le pays, au moment où j'émettais le désir de vous y voir?
—Non, madame, poursuivit le sculpteur, mais simplement à la lettre que m'a récemment adressée Charaintru.
Et Romagny tira de son portefeuille la lettre suivante qu'il présenta à la baronne:
«Veux-tu, mon vieux Romagny, faire le buste d'une femme aimable, distinguée et ennuyée? Prends tes outils, un sac de plâtre et un ballon de terre à modeler et amène-toi!...
«On donne à boire et à manger à juste prix.