Quand d'aventure, il traversait la pièce où se tenaient les deux jeunes gens, il ne manquait pas de dire:
—Ne vous dérangez pas, je vous en prie!
Ce qui avait le don de porter sur les nerfs de Romagny, car, comme un fait exprès, pendant tout le temps que duraient les séances, les détails du service amenaient continuellement sur la terrasse, soit Victorine, soit quelqu'un de la domesticité.
Cette surveillance et le souci de son travail n'empêchaient pas l'artiste et son modèle de parler, et c'étaient de longues causeries auxquelles se complaisait Pauline et qui prenaient toujours trop vite fin à son gré.
La conversation de Romagny était amusante, pleine d'à-propos, et la jeune femme lui donnait la réplique avec esprit.
Il en résulta une familiarité et une sorte d'abandon, qui étaient pleins de charme pour la pauvre châtelaine, depuis si longtemps recluse.
Parfois même elle laissait échapper des demi-confidences qui faisaient froncer le sourcil au bon Romagny.
—Vous avez dit une fois à Charaintru, lui déclara-t-il un jour, une chose qu'il m'a répétée et qui m'a fait beaucoup de peine... pour vous.
—Quoi donc? demanda Pauline. Que je désirais avoir mon buste de votre main? Je n'ai pas dit autre chose! Quelle peine alors? Je ne comprends pas!
—Pensez-vous donc à la postérité, à votre âge?