—Mais tout ce qu'il me sera possible! fit Romagny au comble de l'étonnement.

En cet instant, les deux interlocuteurs arrivaient au salon.

Romagny prit la position que lui avait indiquée Pauline. La jeune femme s'assit dans son fauteuil comme à l'ordinaire.

—Maintenant, dit-elle, quoi que je vous dise, souriez sans affectation, et répondez par monosyllabes.

Et lentement, à voix basse, elle commença un récit, qui à en juger par les fréquentes distractions de l'artiste et la stupéfaction peinte sur son visage, devait être d'un puissant intérêt.

Elle parla une demi-heure environ.

—Vous savez désormais, conclut-elle, pourquoi je souffre et pourquoi la vie que je mène ici m'est odieuse. Eh bien, voici ce que j'attends de vous... Durant tout le jour, je suis épiée... L'espionnage ne cesse qu'à la nuit tombante, à l'heure où les domestiques sont à la cuisine ou retirés dans leurs chambres... à l'heure enfin où je suis sous la surveillance directe du baron... qui ne s'en remet à personne, après votre départ, du soin de verrouiller exactement toutes les portes... J'ai besoin de quelques heures de liberté cette nuit... deux heures au moins, plus, si vous pouvez... Ce soir, en jouant au whist, vous chercherez querelle au baron...

—Hein?

—Pour un motif futile, de telle façon que vous puissiez ensuite vous raccommoder.

—Peste!