Au bout d'un moment, n'entendant plus marcher, elle se leva, se dirigea vers les communs, puis, s'étant assurée que le personnel de la domesticité, réuni autour de la grande table de la cuisine, n'avait pas eu vent de la discussion et que, par conséquent, l'éveil n'ayant pas été donné, elle ne pouvait être espionnée, elle prit une bougie et monta rapidement dans sa chambre.
Là, elle se vêtit d'une robe noire, jeta sur sa tête une capeline de même couleur, déposa sur la table une enveloppe cachetée et descendit au parc, après avoir soufflé sa lumière.
Elle marcha dans la direction de la grille, ayant soin de prendre par les allées les plus sombres, se guidant sur les éclats de voix de Romagny pour ne pas se trouver subitement en face de son mari.
Comme elle parvenait au but qu'elle s'était assigné, une ombre se dressa devant elle, qui demanda à voix basse:
—C'est vous, madame la baronne?
—Oui, répliqua Pauline.
—Venez... le chemin est libre.
Pauline s'arrêta, regarda une dernière fois la silhouette noire du château qui se dessinait sur le ciel, puis, la main appuyée sur l'épaule de son guide, elle disparut dans l'ombre de la nuit.
VIII
M. de Charaintru ne se trouvait mêlé qu'avec le plus vif déplaisir à cette inexplicable querelle qui venait d'éclater entre Romagny et le baron Pottemain.