Il y a là une propriété moins agricole que forestière, connue sous le nom de Coupes de Guermanton, où, sur les rares débris d'un château qui fut brûlé à l'époque de la Révolution, s'élève un cottage pimpant, confortable, faisant face au levant et au couchant et dont on n'aperçoit rien de la grande route, que les girouettes.

Derrière une grille flanquée de deux pavillons de garde, le passant voit fuir une large et sinueuse allée, qui disparaît derrière un massif de grands pins.

Cette aimable retraite était l'habitation d'une famille composée de quatre personnes et d'une domesticité plus fidèle que nombreuse.

M. de Guermanton, ancien officier, avait épousé par raison sa cousine Jeanne dont il avait deux enfants, un garçon et une fille.

La solitude qui n'est saine pour personne n'est tolérable que pour la nullité ou le génie.

Ces quatre personnes auraient eu le droit de s'ennuyer prodigieusement, dans un tête-à-tête de dix mois par an, qu'interrompaient à peine quelques visites, sans une particularité assez rare aujourd'hui.

M. de Guermanton s'était fait un plan d'existence laborieuse auquel il se soumettait avec la ponctualité d'un soldat.

L'ayant été, il avait gardé de ce genre de vie le culte de l'heure sonnante et de l'ordre.

Fort actif, il avait pris par contre en horreur la vie de garnison.

Indifférent au turf, au jeu, à l'opéra, il n'avait que deux passions: la philanthropie et l'agriculture.