Marguerite s'interrompit pour essuyer ses pleurs. Elle continua, montrant du doigt l'ancienne pension de famille:
—J'ai passé ici quelques mois bien calmes aux jours heureux de mon enfance et je ne me doutais guère alors que je trouverais, dans ce même coin de Paris et pressée par la misère, un abri contre la dureté du sort!...
—Vous regrettez d'avoir accepté mon offre?...
—Je ne regrette rien!
En ce moment tous deux arrivaient devant la grille de la villa, sorte de cité, précédée d'un vaste parterre plein d'ombrage, où la vue s'étendait sur Paris.
Raymond frappa à la porte du pavillon qui servait d'habitation à la concierge:
—Mère Lafeuille, voici ma sœur Marguerite Darcy, qui arrive de voyage... Marguerite, salue donc la mère Lafeuille, une bien digne femme!... Elle va passer quelques jours auprès de moi... Vous allez être assez bonne pour monter... Je donne mon lit à Marguerite... Vous mettrez un matelas pour moi sur le canapé... Allons, venez, mère Lafeuille!
—Ça se trouve bien, dit la concierge, la modiste, voisine à monsieur, va déménager. Alors...
—Qu'est-ce que vous voulez que ça nous fasse? demanda Raymond d'un air indifférent.
—Madame veut dire, interjeta Marguerite, qui avait compris l'allusion malicieuse de la vieille, que si tu songeais à t'agrandir... à cause de moi, tu pourrais louer le logement de ta voisine... Madame n'a sans doute pas entendu que je ne venais ici qu'en passant...