Son mari n'était pas le dernier à se soumettre.
Jamais il ne cherchait à briser l'obstacle.
Tout au plus se donnait-il la peine de le tourner.
Il avait si nettement défini les deux sphères différentes de la double activité conjugale que les compétitions étaient rares.
Toutefois, ce tête-à-tête perpétuel avec Jeanne eût été réellement insupportable pour un esprit aussi élevé que le châtelain, mais il y avait heureusement dans la maison quelqu'un pour sentir, sans en parler, l'admiration méritée par Jacques de Guermanton.
C'était Pauline Marzet, l'institutrice.
Elle n'avait qu'une façon de le lui témoigner: c'était de se prodiguer aux enfants.
Aussi la recherchaient-ils et l'aimaient-ils comme une grande sœur.
Le grand art de la jeune fille consistait à remplir les longues soirées d'hiver.
Elle avait sur le piano un talent de réminiscence ou d'improvisation qui équivalait, pour Jacques, à tout un orchestre.