Cet art, qui ne s'apprend point, tenait à une organisation supérieure.
Au demeurant, Pauline Marzet était presque de la famille.
M. de Guermanton avait servi sous les ordres de son père, ancien officier supérieur.
Le commandant Marzet était d'un caractère aventureux. La monotonie de la vie de garnison ne pouvant convenir à son tempérament, il avait donné sa démission et sollicité du gouvernement une mission à l'étranger. Successivement, il s'était trouvé en des pays lointains à la tête d'entreprises qui n'avaient pas eu des résultats heureux et il était mort, laissant sa famille dans une situation fort précaire.
C'est alors que le hasard fit retrouver à M. de Guermanton la petite fille qu'il avait fait bien souvent sauter sur ses genoux alors qu'il était sous-lieutenant.
La pauvre enfant, orpheline à dix-sept ans, avait remis son sort entre les mains de l'ancien officier, et celui-ci lui avait ouvert toutes grandes les portes de sa maison.
Jeanne avait approuvé la décision de son mari et c'est ainsi que Pauline Marzet avait trouvé une nouvelle famille.
Dans son besoin de reconnaissance pour le bienfaiteur que le ciel avait mis sur son chemin, Pauline s'était consacrée entièrement à l'éducation de Georges et de Berthe, dont on pouvait dire qu'elle était la véritable mère.
On s'était habitué à elle et, dans cet intérieur uni et calme, elle était la vie et la gaieté.
Sa conversation était variée et intarissable.