Il n'y avait qu'une question, résolue affirmativement et de franc cœur par Jacques de Guermanton: Pauline avait bien fait de se soustraire aux persécutions infernales résultant de ce mariage que M. de Guermanton lui-même lui avait fait imprudemment contracter.
D'ailleurs Pauline vivait, c'était assez!
La revoir vivante, après l'avoir pleurée morte, c'était une telle joie pour l'ami de Pauline qu'il ne regardait guère au delà, quoiqu'il fût toujours décidé à lui cacher le degré de sa tendresse, et, par une conséquence naturelle, il ne songea plus qu'à la conduite prudente à tenir vis-à-vis de ce ménage singulier.
Il se dit qu'il devait feindre en face de Darcy et accepter Pauline pour Marguerite.
Mais, pour dissiper le malaise que la jeune femme ne manquerait pas d'éprouver, il se décida à rechercher un entretien avec elle, en vue de la mettre à l'aise, ou du moins de la rassurer.
Aussi, dès qu'il eut échangé avec Darcy les premiers mots indispensables et complimenté son régisseur de l'ordre admirable qui semblait régner dans la propriété, il l'éloigna de la maison sous un prétexte plausible et fit demander à Mme Darcy la faveur de se présenter à elle.
Marguerite s'excusa d'abord sur l'état de sa toilette, mais Jacques insista de telle façon et si gracieusement qu'il fut impossible à Mme Darcy de refuser.
Elle se présenta à M. de Guermanton, son fils Maurice dans les bras, comme pour demander grâce au nom de l'enfant et s'en servir comme d'un bouclier mystique.
Jacques la considérait attentivement avec un rayon de bon vouloir et de consolation dans les yeux et sur les lèvres.
—Pauline, lui dit-il avec une infinie douceur, ne craignez rien de moi! Si votre nom est un mystère, même sous ce toit, vous serez éternellement pour moi Marguerite!