Le moine paisible et recueilli, dont la présence dans ces lieux déserts venait d'être signalée, n'imaginait guère en contemplant les fenêtres vides et les tourelles encornées de vieilles girouettes, où perchait l'épervier, que derrière une vitre à demi dépolie par le temps et obstruée de toiles d'araignées, un œil défiant observât les moindres gestes du pèlerin et cherchât un mobile secret dans une démarche de simple touriste.
Le tombeau de la première baronne jouissait dans le pays de quelque notoriété.
Sans doute le capucin avait ouï dire que la statue de Romagny était un chef-d'œuvre, car il se mit, dès son entrée dans le parc, à la recherche de la chapelle.
Il n'y parvint pas sans de grandes difficultés ni sans se déchirer aux épines des sentiers.
Comme il venait de disparaître derrière un massif, le Normand s'arma d'un fort gourdin de houx, surmonté d'un marteau d'acier, et descendit.
Parvenu au pied de la terrasse, il se dirigea à son tour vers le mausolée, en se dissimulant du mieux qu'il pût dans les fourrés quasi impénétrables du parc.
Tandis que le capucin priait agenouillé dévotement devant cette sépulture qu'avait illustrée un grand artiste, il aperçut tout près un jeune pâtre qui semblait familier avec la localité et dont les yeux marquèrent au moine un mélange de curiosité et de profond respect.
Le disciple de saint François a la fibre populaire et il sait accoster le paysan.
La conversation fut vite engagée, sans que ni l'un ni l'autre se crussent espionnés.
—Eh bien, mon jeune ami, la baronne, votre bienfaitrice, a donc rendu son âme à Dieu?...