Il interrogerait habilement les seules personnes auxquelles Pauline, orpheline sans relations et sans ressources, avait pu s'adresser, en dehors du capucin...
C'était les Guermanton, puis Charaintru, enfin Romagny, qui avait joué, d'accord avec la jeune femme sans aucun doute, un rôle si bizarre, le jour de la disparition de Pauline.
C'était bien le diable s'il ne découvrait, au cours des conversations qu'il comptait provoquer, un indice de nature à le mettre sur les traces de la fugitive...
Alors il jouerait le tout pour le tout... Il saurait selon les circonstances user des grands moyens: la persuasion ou l'intimidation.
Coûte que coûte, il fallait réussir.
Trois quarts d'heure plus tard, il sortit du château, en costume de voyage, sa valise à la main.
Il avait fait tomber favoris et moustaches, si parfaitement rasé qu'il fut à peine reconnu par son propre valet, qui l'attendait avec son nouvel attelage tenu en bride.
Il jeta dans le coffre de la carriole une sacoche assez lourde, s'assura que son portefeuille était bien enfoui dans la poche de côté de son pardessus; puis il fit monter son domestique près de lui et prit en mains le fouet et les rênes.
—Il ne faudra pas attendre monsieur, ce soir? demanda Victorine qu'intriguaient ces allures étranges.
—Non, répliqua-t-il du ton le plus naturel et le plus tranquille, je vais à Paris... Je reviendrai dans huit jours.