Puis il toucha son cheval et s'éloigna au grand trot.

A Guermanton, il fit halte et demanda à parler aux châtelains.

Il lui fut répondu que monsieur était à la chasse dans ses propriétés de la Nièvre et que madame était partie pour Paris où elle avait été reconduire ses enfants à leurs pensions respectives.

Son enquête débutait mal.

Il marmotta entre ses dents quelques paroles incompréhensibles, remonta sur son siège et reprit le chemin de Moulins-sur-Allier où il arriva d'une traite.

Là, il s'enquit des heures des trains, enjoignit à son domestique de retourner à Bois-Peillot et le soir même il partait par l'express de Paris.

Il descendit selon son habitude au Continental et dès le lendemain il se mettait en quête du domicile de Romagny.

Le sculpteur travaillait dans son atelier lorsque le Normand se présenta, expliquant, sur un ton qu'il s'efforça de rendre enjoué, que, de passage à Paris, il n'avait pas voulu quitter la capitale sans venir saluer l'hôte qu'il avait eu l'honneur de recevoir chez lui aux deux époques les plus pénibles de sa vie.

Mais l'artiste le reçut plus que froidement, affectant de toucher à peine la main que lui tendait le baron, le toisant comme une personne que l'on connaît à peine.

L'honnête garçon ne pouvait songer sans frémir qu'il avait sans doute favorisé les projets de suicide de Pauline, en l'aidant une certaine nuit à tenir Pottemain éloigné de chez lui.