—J'aurais dû m'en douter! pensait de son côté le Normand. Toute cette histoire était concertée entre Pauline et ce damné Guermanton! Mais que vient faire là-dedans ce Darcy, qui passe pour son mari... Car c'est bien elle, c'est bien Pauline! Il n'y a plus à douter... J'en aurai le cœur net! C'est égal, la chance commence à me sourire de nouveau... Cet imbécile de Charaintru m'aura sauvé sans s'en douter... Ah! elle est mariée... ou du moins elle se fait passer pour l'être... Eh bien, à nous deux, la belle Pauline!

Le baron se jeta dans une voiture et se fit conduire rue de Vaugirard.

—Mme Darcy? demanda-t-il à la concierge.

—Il y a longtemps qu'elle ne demeure plus ici, répondit la vieille, M. et Mme Darcy habitent la campagne... dans la Nièvre, où monsieur est intendant.

—Ont-ils demeuré longtemps dans cette maison?

—Non... monsieur, quelques mois seulement.

—Bien, je vous remercie, madame, dit le baron en glissant une pièce dans la main de la concierge.

—Ah ça! se dit la vieille, qu'est-ce qu'ils ont donc tous après mes anciens locataires?

—Allons! c'est bien elle, murmura le baron en regagnant sa voiture, je suis sur la bonne piste, je crois que cette fois-ci... je tiens mon affaire! Sus aux Darcy de la Nièvre!

III