—Ces enfants sont charmants, fit observer M. de Charaintru, et je vous fais mon compliment pour la façon dont ils sont élevés.

—Tout le mérite en revient à Mlle Marzet, se hâta de répondre M. de Guermanton. C'est une jeune personne accomplie, d'une excellente famille. J'ai beaucoup connu son père et elle est pour nous d'un dévouement... Une amie plutôt qu'une institutrice...

—Qui n'a que le défaut d'oublier parfois un peu trop que, si nous l'aimons beaucoup, elle n'est néanmoins pas chez elle ici, interrompit d'un ton très sec Mme de Guermanton.

Mais le châtelain se hâta de couper court:

—Ne sois pas injuste, ma chère Jeanne, nous devons beaucoup de reconnaissance à Mlle Marzet... Maintenant, mon cher hôte, à quelle heure monterez-vous le cob demain matin?

—A huit heures et demie, répondit le vicomte.

—Vous le trouverez tout sellé à l'heure dite, au bas du perron... Et maintenant, bonne nuit!

Les deux hommes se serrèrent la main, et le vicomte de Charaintru regagna sa chambre, cherchant dans son esprit une raison à l'animosité de Mme de Guermanton contre une institutrice si pleine de qualités.

II

A neuf heures, M. de Charaintru descendit, botté et éperonné.