M. de Guermanton, coiffé d'un vaste chapeau de paille et en tenue de jardin, l'attendait, examinant le cob qu'un valet tenait en main.
—Avez-vous bien dormi? demanda-t-il en apercevant son hôte.
—Très bien! Il ne me reste plus qu'à apprendre de vous le chemin de Bois-Peillot.
—C'est assez difficile à expliquer, car Bois-Peillot est perdu au milieu d'une véritable savane. Mais prenez la grande route qui passe devant le château et suivez-la jusqu'à Besson, puis vous pousserez jusqu'à Souvigny. Vous quitterez la route un peu avant d'y arriver, car vous serez là à quelques kilomètres seulement du manoir de votre ami et le premier passant venu vous indiquera le chemin. Sur ce, bon voyage et revenez-nous vite!
M. de Charaintru enfourcha le cob et piqua des deux.
Il parcourut rapidement la distance qui séparait le château du village de Besson et tout alla bien jusqu'au moment où, parvenu au sommet d'une côte, il se trouva en vue de Souvigny.
Il mit alors son cheval au pas et accosta un paysan à qui il demanda le Bois-Peillot.
—Le Bois-Peillot? Par ici... toujours tout droit, le deuxième chemin à gauche... au ras du bourg et la chaussée qui pique à la rencontre des bois...
Le vicomte de Charaintru, à cette explication, resta bouche bée.
—C'est bientôt dit cela! Le deuxième chemin à gauche... au ras du village... Mais combien de temps environ pour faire ce trajet?