Le château était recrépi à neuf; il y avait des vitres à toutes les fenêtres.
Il n'y avait pas jusqu'aux girouettes qui ne parussent avoir été passées au papier de verre et au tripoli.
Il conduisit ensuite ses hôtes sous un berceau aménagé dans un frais bosquet. Un goûter était servi, dont Pauline fit les honneurs.
—Je m'excuse, dit le baron, de ne pas vous introduire dans le château. Il est malheureusement encore tout entier aux mains des tapissiers qui s'efforcent de le rendre digne de sa future maîtresse.
Telle fut la connaissance que fit Pauline avec sa future habitation. Mais à en juger par les dehors somptueux, ce devait être un manoir féerique... Le luxe de l'intérieur annonçait, pour le moins, des plafonds dorés, des meubles rares et des tapis de Smyrne.
Le baron Pottemain reconduisit la famille de Guermanton, mais il fit halte devant le presbytère de Besson, envahi, ainsi que l'église, par une nuée de maçons et de charpentiers.
On visita le bon curé qui reçut tout radieux ses nouveaux paroissiens et l'on arrêta avec lui la date de la cérémonie.
Quinze jours plus tard, une cloche nouvelle, baptisée le matin sous le nom de «Sophie-Pauline», tintait pour la première fois dans le clocher neuf surmontant le toit de la vieille église romane et annonçait aux populations accourues de toutes parts le mariage de sa marraine Sophie-Pauline Marzet avec M. le baron Alexandre Pottemain, de Bois-Peillot.