Un jour la femme de chambre lui demanda si elle était au courant de ce qui se passait à Bois-Peillot.

Pauline ignorait qu'il s'y passât quelque chose.

—Comment mademoiselle, reprit la camériste, peut-elle ne pas être au courant?

Pauline insista pour savoir ce dont il s'agissait et la servante lui répondit qu'elle ne saurait le lui expliquer, qu'il fallait le voir pour le croire.

M. de Guermanton, questionné par Pauline et peut-être mieux informé que personne, fit signe qu'il ne s'en doutait pas.

Pauline, aiguillonnée par la curiosité, allait tenter un pèlerinage discret du côté de son futur manoir, au risque d'y sacrifier une robe et une paire de bottines, lorsque le baron lui-même reparut à l'horizon.

Il aborda Guermanton dans un landau à la dernière mode et, chose étrange, le sabot des chevaux et l'essieu des roues étaient aussi nets que s'ils eussent été promenés sur le sable.

Il offrit à la famille une excursion sur ses terres et, à la stupéfaction de ses invités, on trouva toutes les voies rouvertes, alignées et sarclées...

Mais ce fut bien autre chose quand on eut atteint cette fameuse terrasse située devant le château et qui semblait naguère un vrai passage abandonné aux chèvres.

On eût dit que l'élégant Charaintru en personne avait inspiré les courbes moelleuses des pelouses et la composition des corbeilles.