—J'ai un service à vous demander, ma chère, dit-il à Pauline.
—Lequel?
—Celui de patienter encore quelque temps. Je ne puis renvoyer du jour au lendemain Victorine ni Pastouret, pour des raisons que je vous expliquerai et que vous comprenez peut-être déjà. Je vais les marier, assurer leur existence. Ce sera, je crois, le seul moyen de me débarrasser honnêtement d'eux. Vous plaît-il de m'accorder le crédit d'un ou deux mois?
—Puisque ce n'est qu'un retard, dit Pauline, et que leur renvoi est en principe décidé, j'y souscris volontiers.
—Je vous remercie, fit galamment le baron, en baisant la main de sa femme.
Et il changea de conversation.
Des jours et des semaines s'écoulèrent sans que le baron reparlât jamais à Pastouret de son projet, ni sans que Victorine eût à reprocher à sa maîtresse la moindre observation.
Ils crurent avoir gagné leur procès.
—Tu vois, dit Victorine au garde-chasse, je te le disais bien, nous le tenons, le bourgeois! Y avait qu'à montrer les dents! N'aie pas peur! Maintenant que nous savons le moyen... je te promets que la petite fera pas long feu!... Mais ne brusquons rien!... Le principal, c'est que le Sournois ait cané! Le reste viendra tout seul...