A cinq heures, les chasseurs se réunirent au carrefour de l'Étang Maudit. Trois cents pièces figuraient au tableau.

Le baron appela Pastouret pour le charger de la répartition du gibier. On remarqua alors seulement que Pastouret n'était pas là.

On courut au château. Pastouret n'y était pas. Qu'était-il devenu?

Les rabatteurs affirmaient l'avoir vu constamment à leurs côtés. Ils rentrèrent alors sous bois et fouillèrent les halliers.

Tout à coup l'un d'eux reparut, les traits bouleversés. Il venait de trouver Pastouret, étendu sous un gros chêne, presque sans vie, et le visage couvert de sang. Ce fut une véritable consternation. Les chasseurs se regardèrent entre eux. Quel était l'auteur de cet accident, car les premières constatations du docteur Marsay ne pouvaient laisser aucun doute à cet égard, il y avait eu accident... ou meurtre.

Il fallait de prime abord écarter l'idée d'un suicide ou d'une imprudence du garde. Pastouret avait reçu en pleine figure une charge de gros plomb à chevreuil.

Il avait les deux yeux crevés et sa face ne formait plus qu'une plaie hideuse. C'était miracle qu'il ne fût pas mort sur le coup. On improvisa rapidement une claie à l'aide de branchages, et on transporta le blessé à Bois-Peillot.

M. de Morvins, à l'annonce de la catastrophe, était devenu blême. Il s'était souvenu de son coup de feu tiré au jugé, mais Pastouret avait été trouvé à une distance considérable de la place qu'il occupait.

Il ne pouvait donc avoir été atteint par lui et le magistrat respira plus à l'aise. Néanmoins, il ne souffla pas mot de l'incident qui avait failli coûter la vie au petit pâtre.

Le plus affecté de cette pénible aventure était assurément le baron.