Le lierre et le chèvrefeuille s'y donnaient carrière; les sentiers se perdaient sous les ronces et les fougères pour se retrouver ensuite et se perdre encore.

Puis, c'était, dans un site inattendu, une nappe d'eau sautillant contre les roches, auxquelles s'adossaient des cabanes abandonnées de charbonniers.

C'est ainsi que de futaie en futaie, de taillis en taillis, et bien que le site devînt de plus en plus désert et sauvage, ce qui s'alliait mal avec la proximité d'une habitation, il fut tout à coup arrêté par un amas de pierres, formant un bastion de haute mine, qui n'était lui-même que la base d'un antique château ruiné.

Ayant contourné cet obstacle, le vicomte se trouva devant un parc dont la grille paraissait depuis si longtemps close et rouillée qu'il ne put comprendre la facilité avec laquelle elle roula sur ses gonds dès que son arrivée fut signalée.

Chose surprenante, l'allée principale avait été sarclée et ratissée récemment.

Le château présentait son flanc du côté de l'avenue et faisait face en retour sur une terrasse dominant les bois et si haut perchée que les chênes, en secouant leurs têtes, semblaient, de là, une prairie accidentée, moutonnée par le vent.

Cette terrasse était vaste, bordée de balustres enfouis sous les pariétaires et remplis de buissons parasites, partout où elle n'était pas dallée.

Vu en son entier, le castel n'était qu'un assemblage de constructions de diverses époques dont la plus ancienne datait de Henri II.

Les persiennes, lasses d'être closes, commençaient à pendre et à pourrir.

Les tuiles enlevées par les ouragans jonchaient la cour.