La salle de bal se vide. Le garde républicain part, les musiciens sortent, les danseurs s'attablent. Puis la Carcasse apparaît, dépeignée, le visage enflammé, traînant le père Chabot veule, avachi, fléchissant sur ses jambes. Le Merlan et ses acolytes sont debout à droite de la salle.

SCÈNE VII

LES MÊMES, LA CARCASSE, LE PÈRE CHABOT, SOUTENEURS ET FILLES.

LA CARCASSE., soutenant Chabot.—Tu sais, mon oncle, t'es rien lourd!

CHABOT., remuant péniblement la tête.—Fatigué!... Fatigué!...

LA CARCASSE.—T'es fatigué, mon pauv' vieux! T'as mal à tes gambettes! Dam! tu sais, faut être jeune pour tricoter des pincettes! Tiens, sis-toi là! (Elle le fait asseoir à la table de gauche.) Tout à l'heure, on va aller faire dodo! Ça te reposera! Tu prends du kirsch, dis? C'est très bon, le kirsch, pour vous remettre.... Garçon, du kirsch!

CHABOT.—Du krisch! Oui, j'veux prendre du krisch!... C'est bon, le krisch!...

LE MERLAN., s'approchant en se dandinant.—Bonjour, Carcasse, tu payes rien?

LA CARCASSE.—Tiens, le Merlan! T'payer quelque chose? Tu t'en ferais mourir, c'est pas dans mes habitudes. D'abord, c'est pas moi... c'est mon oncle qui régale... à moins que le vieux.... Dis donc, vieux, veux-tu y offrir quelque chose, au Merlan?... C'est un ancien copain.

CHABOT.—Hein, quoi?