LE PATRON., debout près de l'entrée du bal.—Merci bien, la Terreur!... Tiens, dis donc... c'est-y pas la Carcasse, là-bas?

LA TERREUR.—Oui, une rude fille... elle en a de l'estomac! J'en connais pas pour la dégoter. Et pourtant, j'en connais quelques-unes... sans me vanter!

LISA, descendant à droite.—Dire que j'étais comme ça, il y a quelques années... ça m'a passé, ça y passera aussi, ayez pas peur!

LE PATRON.—Y a joliment longtemps qu'on ne l'a pas vue, y a au moins six mois. Est-ce qu'elle n'a pas été fabriquée, un jour que....
Il fait le geste de voler.

LA TERREUR.—J'sais pas, mais j'ai entendu dire qu'elle était bien avec la rousse, faut se méfier.

L'orchestre se tait. Un murmure s'élève dans le bal et la grande Carcasse entre au bras de Petit-Louis. Derrière elle, danseurs et danseuses.

SCÈNE II

LES MÊMES, LA CARCASSE, PETIT-LOUIS, LA ROUQUINE, DANSEURS ET DANSEUSES.

LA CARCASSE.—Eh ben, les enfants, qu'est-ce que vous dites de ça? Je vous ai fait caner tous, hein! Une demi-heure de polka sans piper! Ah! regardez-moi donc le Petit-Louis! T'en peux plus, mon vieux!

PETIT-LOUIS, s'épongeant le front.—J'peux pus souffler! C'est comme les musiciens, ils avaient pus de vent.... Tu leur as fait gagner leur argent. (Il s'assied.) Ouf!