—Moi, je n'ai pas d'opinions politiques et je m'en fais gloire, mais j'aimerais mieux l'Empire.

J'aurais économisé cent francs de voitures et huit jours de temps. J'aurais probablement trouvé un ministre et un directeur des Beaux-Arts qui m'auraient dit carrément:

—Monsieur, votre pièce ne sera pas jouée, et si vous voulez des raisons, je vais vous en donner une seule qui suffit: c'est que ça ne me plaît pas.

J'aurais été fixé de suite, ainsi que Brasseur.

Et encore est-il bien sûr qu'on m'aurait répondu cela?

On était très sévère pour tout ce qui pouvait se rapporter à la politique, mais quand il ne s'agissait que des mœurs!...

La Belle Hélène et la Grande Duchesse, ces satires des rois et des dieux, n'ont pas eu de plus chauds partisans que l'Empereur et toute sa Cour.

On a laissé jouer sous l'Empire Henriette Maréchal, de MM. de Goncourt, une pièce très révolutionnaire pour ce temps-là, et ce sont les républicains qui ont protesté, les purs, sous la conduite du fameux Pipe-en-Bois.

Aujourd'hui, le farouche Pipe-en-Bois est directeur des Beaux-Arts et il continue son métier. Non content d'être plus intolérant que sous l'Empire, il se fiche du monde et il fait insulter pour ses gaffes son ministre, qui n'en peut mais. Je ne souhaite qu'une chose, c'est qu'il continue. Ça décidera peut-être M. Bourgeois à montrer un peu d'énergie et à nettoyer la rue de Valois. S'il tient à un professeur de rhétorique, il y en a quatre-vingt-six dans les quatre-vingt-six départements, qui ne demandent qu'à marcher.

Le moindre d'entre eux vaudra autant.