»Ils ont donné des preuves multiples de leur incompétence, de leur ignorance, de leur nullité. Il faut les supprimer purement et simplement.»

Quant à moi, en ce qui a trait à la censure préventive, je m'en tiens à l'opinion d'un chroniqueur de la Nation, qui dit:

«M. Oscar Méténier continue, non sans raison, à maudire Anastasie et à réclamer sa mort.

»La censure préventive ne prévenant presque toujours rien, je ne vois pas pourquoi on s'obstine à la maintenir. Bien souvent, nous avons vu la censure couper une scène ou un mot qui auraient pu passer sans encombre, et en autoriser un autre qui provoque dans la salle des cris de chacal enrhumé.

»M. Méténier et beaucoup d'autres pensent avec raison que puisque la censure préventive n'arrête rien, autant vaut faire rentrer les auteurs dans le droit commun.

»Le théâtre est une industrie comme une autre; or, quand je prends un grog à Tortoni, Percheron n'a pas l'habitude de prier une commission de six membres de vouloir bien analyser ma consommation.

»Mais le jour où un limonadier me sert un grog compliqué de vitriol, je dépose une plainte au parquet et je fais arrêter l'empoisonneur.

»Il est nécessaire de faire justice, mais alors seulement que le crime est constaté. Décapiter un individu avant qu'il l'ait commis m'a toujours paru abusif; le décapiter après me semble déjà une chose fort grave.»

En ce qui concerne la tolérance dont fait preuve l'homme-contexture pour les obscénités des cafés-concerts, j'en trouve une explication, que j'ignorais, dans un article emprunté à un journal de caricatures, la Silhouette:

«Ces bons messieurs de la direction des Beaux-Arts, dont l'emploi consiste à poser des censures aux littérateurs français, viennent encore de faire parler d'eux.