—Vous ne serez pas joué parce que cela ne me plaît pas.
Et j'aurais compris ça.
Mais s'il se fût aperçu après coup, comme cela est arrivé, que sa bonne foi avait été surprise, il eût sans hésitation renvoyé M. Larroumet faire admirer les beautés de sa contexture aux élèves d'un département éloigné.
Je pourrais vous lire de semblables articles jusqu'à demain. Rassurez-vous, je n'abuserai pas de votre bienveillance.
Je demande seulement à citer encore un paragraphe incident pris dans un article de Mme Sévérine, où elle répond au reproche que la censure pouvait me faire d'avoir employé dans ma pièce le langage populaire:
«N'allez pas conclure que j'approuve au théâtre la grossièreté voulue. Elle me navre lorsqu'elle est inutile; je la subis, je l'approuve même lorsqu'elle est la traduction d'un état d'âme crapuleux, la résultante d'un milieu où s'agitent des êtres qui ne sauraient s'exprimer autrement.
»Chaque classe de la société a son langage comme ses refrains de prédilection. Le marmiteux qui, sous sa haute casquette, roucoulerait une phrase de Sigurd en surveillant le travail de sa bonne amie, serait aussi ahurissant que l'ambassadeur d'Angleterre chantant:
»C'est pas pour ça que je t'ai donné ma sœur!
»L'En Famille de Méténier, cette étude incomparable que la censure s'obstine à refuser sous prétexte que M. Carnot ne parle pas comme ça, l'En Famille est une œuvre de haut mérite, justement parce que les personnages ont le jargon qui convient.
»Evidemment: «J'en ai mouché un qui m'écrasait les fumerons!» constitue un euphémisme regrettable et d'une douteuse correction. «J'ai rappelé à la politesse un monsieur qui me marchait sur les pieds» serait grammaticalement meilleur et infiniment plus distingué. Reste à savoir lequel se dit place Maubert, quand c'est un taudis de la place Maubert que représente le décor, et le monde à Gamahut qu'on a campé sur la scène.