J'ai étalé devant vos yeux, mesdames et messieurs, toutes les pièces du procès.

Il vous reste maintenant, pour qu'il vous soit possible de prononcer un jugement, à entendre cette pièce révoltante qui a porté une si rude atteinte à la pudeur de l'homme-contexture.

(Lecture d'EN FAMILLE)

L'accueil flatteur que vous venez de faire à ma pièce, mesdames et messieurs, m'indique assez clairement que j'ai gagné mon procès.

Il me reste à vous remercier de la bienveillante attention que vous avez bien voulu me prêter et à vous dire ce que je compte faire.

Mon Dieu! c'est bien simple. Ennuyer le ministre et les Beaux-Arts, jusqu'à ce qu'on m'ait rendu justice.

Que ce soit M. Bourgeois qui quitte le premier la rue de Grenelle, ou M. Larroumet qui soit remercié, je profiterai de chaque changement pour soumettre au visa du nouveau fonctionnaire la pièce que vous venez d'entendre.

Je suis de taille à me défendre hardiment, j'ai bec et ongles, étant parfaitement indépendant et ne craignant ni le bruit, ni le scandale, puisque je n'ai pas de place à perdre; j'ai tout à gagner, au contraire, au bruit qui se fera autour de ma pièce.

Je me ferai ainsi une idée juste de la largeur de vues et de l'intelligence des fonctionnaires qui se succéderont.

Seulement, je m'y prendrai d'une façon différente.