Il devait donc me venir la tentation de mettre à la scène quelques épisodes de la vie des voyous. J'avais traité en comédie un sujet gai dans En Famille; je voulus lui donner un pendant en composant un drame, et j'écrivis La Casserole.
Je m'appliquai à faire entrer dans le cadre étroit d'un acte toutes les variétés d'habitués de bouges, en grossissant un peu plus leurs façons d'être, afin de les rendre plus sensibles dans cette action qui ne devait durer qu'une demi-heure.
Je restituai une aventure dont j'avais conduit l'enquête:—Un souteneur tuant une femme qui avait dénoncé à la police son ami à lui... son ami—comment dirai-je pour être convenable?—son ami de cœur si vous voulez, et l'avait fait condamner aux travaux forcés.
De là le titre La Casserole, qui signifie en argot: mouchard, ou dénonciateur.
J'avais groupé autour de la figure centrale d'autres figures secondaires, mais personnifiant toutes les vertus et les vices de ce monde-là à leur plus haut degré.
Ainsi la femme soumise jusqu'à la mort à son amant qui la frappe et abuse d'elle, mais jalouse férocement.
La fille qui met plus haut que son honneur... le point d'honneur.
Le marlou formidable à côté du petit barbizet sans expérience qui ne demande qu'à se dessaler.
La vieille truqueuse alcoolique depuis trente ans en carte.
Le vieil ivrogne qui s'égare dans un bouge un jour de rigolade.