—Je suis aujourd'hui un peu souffrante, dit Amélie triplement, et puis, ces derniers temps, Zézette a pris froid; elle tousse... Si tu étais gentil, ce soir, tu ne sortirais pas... tu resterais avec moi.

—J'ai promis. Il faut que j'y aille.

—Tu vois... tu préfères la société de ces gens-là à la mienne. Ah! François! François! prends garde... je ne sais pas, il me semble qu'un nouveau malheur nous menace. Et, tu sais, mes pressentiments ne me trompent pas...

—Oh! Mais tu m'ennuies à la fin... et si ça continue, tu vas me rendre l'existence insupportable! répliqua durement Chausserouge. J'en ai assez de toutes ces jérémiades... Je ne suis pas un gamin et je sais ce que j'ai à faire!

Il dîna rapidement, descendit à la ménagerie, et aussitôt après la dernière représentation, il se rendit chez les Tabary.

Louise, prévenue, avait préparé une collation.

Elle était vêtue d'un peignoir rose et elle n'avait négligé aucun des artifices qui pût faire ressortir l'éclat de son teint encore frais et l'attrait de sa beauté déjà un peu mûre.

Puis tour à tour arrivèrent Oiselli, dit le Bel-Homme, Romillard, le «marchand de marionnettes», comme l'appelaient les forains et Troubat, propriétaire d'un manège perfectionné: les chevaux au galop.

Tous étaient des amis de la maison. Ils prirent place dans l'étroite caravane autour d'une table, dont le centre était occupé par un vaste saladier rempli de vin chaud.

Louise Tabary avait fait à Chausserouge une place auprès d'elle.