Louise Tabary repoussa doucement les mains de Chausserouge.
—Oh! Est-ce que tu es fou... voyons! Aimer une vieille femme comme moi... toi, l'ami de mon fils... Je pourrais presque être ta mère!
—Y a-t-il une si grande différence?... J'ai cinq ans de plus que Jean... Ça fait douze ans entre nous... C'est pas une affaire!... Ah! tenez, je comprends qu'on vous ait aimée, vous! Y a pas de femme plus engageante que vous...
—Ne me dis pas ça, François... ne me tente pas... D'abord, je suis mariée... Toi aussi... tu as une femme jeune, gentille... tu as un enfant...
—Ah! oui! Amélie! fit François avec emportement, est-ce que c'est une femme comme ça qu'il me fallait... Un gnangnan, qui ne sait que geindre et se plaindre, toujours malade... et qui me rend l'existence insupportable. Ah! si je vous avais mieux connue plus tôt, madame Louise! Avec vous j'aurais été heureux... Et puis, c'est pas tout ça, aujourd'hui j'ai envie de vous... Vous me plaisez... je ne vous déplais pas trop, n'est-ce pas?
—Il me demande s'il me déplaît! soupira Louise, ah! c'est bien un malheur pour nous deux que nous nous soyons rencontrés... parce que ça ne sera pour nous qu'une source de souffrances... Mon pauvre François! Oui, je t'assure! Oui, je me sens attirée vers toi!... Mais je ne suis pas libre, je ne voudrais pas rougir devant mon fils! Ah! certes, c'est bien un homme comme toi qu'il m'aurait fallu! A nous deux, nous aurions gagné une fortune... Mais qu'est-ce que tu veux, puisque c'est impossible, puisque nous ne pouvons être l'un à l'autre!... C'est pas la peine d'insister! Tiens! Tiens! je t'en prie, ne me parle plus... Va-t'en! Ça vaudra mieux!
Mais cette résistance, à laquelle François ne s'attendait pas, ne fit qu'exaspérer son désir.
Il se leva, prit Louise Tabary dans ses bras et, avec la même furie qui l'avait jadis jeté sur Amélie, il lui appliqua goulûment ses lèvres sur la bouche:
--- Je te veux, je te dis! J'ai envie de toi!
Mais Louise se défendait: