Il se consulta avec sa femme et Jean Tabary et, d'un commun accord, il fut décidé qu'il se rendrait à Paris et que là il s'arrangerait pour contracter un emprunt qui lui permit de faire face aux obligations qui lui incombaient, en attendant une campagne plus heureuse.
—Le plus simple, dit Jean, ce sera de t'adresser à Vermieux. Il a prêté à bien d'autres sur le Voyage, puisque c'est son état... Il sait qui tu es, il n'ignore pas que ton établissement vaut de l'argent, tu auras de lui ce que tu voudras.
—Un usurier, dit Chausserouge en faisant la grimace.
—Usurier! Usurier tant que tu voudras! mais tu seras encore bien content de le trouver. Ma mère le connaît. Elle pourra te mettre en rapport avec lui. C'est le seul qui puisse te tirer d'affaire.
Profitant de son séjour à Cette, où il n'avait pas l'espoir de réaliser des bénéfices, il sauta en express et partit pour Paris.
Il tomba à l'improviste chez Louise Tabary; après l'effusion des premiers instants, après qu'il eut donné des nouvelles de sa femme, il expliqua sa situation embarrassée.
Justement, un nouveau revers et bien inattendu venait de frapper Louise.
Un nouveau règlement de police, concernant les fêles foraines, venait d'être mis en vigueur et les conditions imposées à l'industrie dite des entresorts, étaient à ce point inacceptables qu'elles allaient rendre impossible l'exercice de la profession, si elles étaient appliquées dans toute leur rigueur. Ah! quand la malechance s'en mêlait, ce n'était jamais fini!
En ce qui concernait l'intention de Chausserouge, Louise Tabary fut de l'avis de son fils.
Il fallait s'adresser à Vermieux, qui justement était à Paris en train d'opérer divers recouvrements.