Non seulement Zézette montrait un courage extraordinaire, mais encore elle prenait un plaisir extrême à ces tentatives.
Elle attendait chaque jour avec impatience l'heure de les renouveler et elle enchantait son père par son entrain et sa bonne volonté.
Baldini assista à plusieurs séances et, comme tout le monde, il fut frappé de l'aplomb et de l'énergie que déployait la petite fille.
—Mon cher, dit-il à Chausserouge, souvenez-vous de ce que je vous dis, vous aurez un grand succès!
Quand on apporta pour la première fois à Zézette le costume pailleté d'argent qu'elle devait revêtir, son enthousiasme ne connut plus de bornes.
Elle eût voulu débuter le lendemain.
On eût quelque peine à calmer son ardeur. On y parvint en lui assurant que l'heure approchait où bientôt elle pourrait paraître devant le public. En effet, Baldini, qui était parti en fourrier, ayant télégraphié de Turin pour annoncer que tout était prêt, que l'arrivée de la ménagerie était annoncée et préparée, Chausserouge donna l'ordre du départ.
Amélie n'avait pu prendre son parti de cette double décision: elle ne se résignait que bien à contre-coeur à quitter la France et à voir son enfant aborder si brusquement une carrière si aventureuse. Elle avait rêvé pour elle une autre existence.
Mais puisque le bonheur de Zézette d'une part, le succès de l'établissement de l'autre semblaient attachés à la tentative nouvelle, elle fit taire ses regrets comme ses craintes et elle suivit son mari, sans hasarder même une observation.
Baldini avait bien fait les choses. Depuis huit jours, tous les journaux étaient pleins du récit des actes de bravoure de Chausserouge.